Une histoire ancienne : le porc, le sel et l’héritage des montagnes
Le Pays basque, aux confins de la France et de l’Espagne, possède une géographie aussi accidentée que féconde. Ici, la montagne a forgé des habitudes agricoles fondées sur l’autonomie et la survie. Dès le Moyen Âge, la transformation de la viande de porc s’ancre dans les pratiques domestiques : l'hiver venu, chaque maison tue son cochon, rien ne doit être perdu. Cet animal, omniprésent dans la vie rurale, devient le socle des traditions charcutières.
L’élevage du porc basque n’est pas une nouveauté. Selon les archives (source : INRAE, Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), des textes du XIVe siècle évoquent déjà le commerce du sel et du jambon dans la Navarre et le Labourd. La conservation de la viande – autrefois gage de survie face à l’isolement hivernal – s’appuie sur le sel de Salies-de-Béarn ou celui, rapporté par les pêcheurs, de la façade atlantique.
L’invention du jambon sec et celle du salage participent à l’émergence d’une culture charcutière vivace. La tradition du porc Kintoa, race locale rustique et adaptée, aujourd’hui protégée par une AOP, prolonge cette ancienneté. À elle seule, elle témoigne de la continuité et de la résilience d’un élevage de montagne, attaché à la qualité avant la quantité.
