Entre passion et réglementation : la longue histoire de la cueillette alpine
La cueillette des plantes sauvages fait partie des gestes immémoriaux ancrés dans les montagnes françaises. Dans les vallées alpines, cette pratique a traversé les siècles, oscillant entre vivier de saveurs pour l’alimentation paysanne, base de remèdes dans les pharmacopées familiales, et aujourd’hui, source de revenus pour quelques centaines de professionnels. Plus que jamais, l'engouement du public pour le "sauvage comestible" rencontre la réalité d’un écosystème fragile, soumis à une fréquentation croissante.
On estime qu’en France, près de 700 espèces de plantes sauvages sont traditionnellement cueillies pour l’alimentation, l’herboristerie ou la distillation (source : Association Française des Cueilleurs Professionnels). Les Alpes, de la Haute-Savoie au Mercantour, concentrent une des plus grandes diversités floristiques d’Europe. Mais le succès retrouvé des sirops de sapin, génépis, tisanes à la reine des prés ou pestos d’ail des ours interroge sur la durabilité de cette ressource naturelle.
