Oubliées, mais pas perdues : le retour des céréales anciennes
Le paysage agricole français, tel un palimpseste, conserve patiemment la mémoire de ce qui nourrissait nos campagnes avant l’ère des cultures intensives : seigle des terres pauvres, épeautre des plateaux d’altitude, millet des jardins familiaux. L’engouement actuel pour les céréales anciennes n’est pas qu’une mode calorique ou une simple lubie de nutritionniste. Il traduit le besoin de renouer avec la diversité génétique, le goût nuancé, et une nutrition plus respectueuse des écosystèmes (INRAE ; FAO).
Entre 1950 et 2000, la France est passée d’une centaine de variétés de blé cultivées à moins de dix, selon l’INRAE. Les céréales anciennes – véritable « coeurs battants » du terroir – sont ainsi revenues sur le devant de la scène, portées par un désir d’ancrage authentique, mais aussi par les cuisiniers et boulangers artisans qui explorent de nouveaux horizons sensoriels (Le Monde, 2023). Pourtant, savoir les cuisiner suppose de retrouver d’anciens gestes, adaptés à leurs spécificités.
