Aux racines d’une céréale millénaire
L’épeautre, ou Triticum spelta, n’a jamais quitté les terres escarpées et les plateaux venteux du sud-est de la France. Sa silhouette élancée, sa barbe dorée et son grain vêtu forment un paysage d’une discrète beauté, que les moissons n’ont su effacer. Si cette céréale suscite aujourd’hui un regain d’intérêt, c’est qu’elle fut, bien avant le blé tendre, la grande complice de nos ancêtres, celle qui assurait le pain quotidien, même dans l’adversité.
Ce grain robuste, que l’on distingue en « grand épeautre » (chez les botanistes : Triticum spelta) et en « petit épeautre » (ou engrain, Triticum monococcum), aurait été domestiqué dès l’âge du bronze en Orient, avant de se répandre sur les plateaux arides de notre pays. Mais c’est dans le sud-est, et notamment en Haute-Provence, qu’il a forgé une identité collective, indissociable d’une histoire rurale exigeante.
