Un patrimoine mellifère d’une diversité stupéfiante
En France, l’apiculture jouit d’un ancrage ancien et demeure très vivace, avec plus de 69 000 apiculteurs recensés en 2022, dont une large majorité d’amateurs, mais aussi 3 100 professionnels (Source : Ministère de l’Agriculture). Cette pluralité se reflète dans la grande variété des miels produits :
- Miel de lavandeProvence – récolté entre juillet et août, aux notes florales et fruitées, il doit sa renommée à la lavande vraie et au lavandin présents dans les Alpes-de-Haute-Provence et le Vaucluse. L’AOP Miel de Provence garantit l’origine et la pureté.
- Miel de sapin des VosgesLabel AOP, récolté au cœur du massif. Sa production dépend d’une symbiose rare entre sapins, pucerons et abeilles. Il se distingue par sa saveur maltée et sa couleur sombre.
- Miel d’acaciaTrès clair, doux, plébiscité pour sa faible cristallisation, il est majoritairement récolté dans le bassin du Sud-Ouest, la Bourgogne et la région Centre.
Outre ces figures phares, on compte aussi le miel de bruyère callune du Massif Central, celui de châtaignier d’Ardèche ou encore le miel toutes fleurs des Alpes qui illustre la diversité botanique de chaque vallée.
Les terroirs, acteurs de la saveur
Le goût du miel dépend intimement de la flore visitée par les abeilles, certes, mais aussi de la composition des sols, de l’altitude, de l’exposition, et de la météo de l’année. Ainsi, un miel de lavande récolté en 2022, suivant une sécheresse exceptionnelle, présentait une texture plus dense et des arômes exacerbés – un exemple du millésime à la manière des vins (Source : Union Nationale de l’Apiculture Française).
Des productions fragilisées mais mobilisées
La France produit entre 15 000 et 20 000 tonnes de miel par an, mais cette production a connu des dents de scie et ne couvre pas la demande intérieure, évaluée à près de 40 000 tonnes (2022, FranceAgriMer). Les apiculteurs doivent composer avec la mortalité des colonies (heureusement en légère baisse : 25% pendant l’hiver 2021/2022 contre 30% l’année précédente), l’évolution du climat, la raréfaction des ressources mellifères et la concurrence des miels d’import.