Le pain, fil tissé dans l’histoire alimentaire de la France
Du sillon à la table, le pain accompagne la France rurale depuis des millénaires. Dès la Gaule romaine, le premier four public connu a vu le jour à Paris ; au Moyen Âge, la possession d’un four banal donnait accès à la cuisson du pain, affichant l’importance sociale et économique de ce mets quotidien. Le pain a longtemps constitué la majeure partie de l’alimentation en France – selon l’historien Jean-Louis Flandrin, dans la seconde moitié du XIX siècle, il représentait toujours plus de 50 % des apports caloriques journaliers d'un adulte (source : J.-L. Flandrin, “Une Histoire de l’alimentation”, Fayard, 1996).
La France n’a pas une histoire du pain, mais des histoires, portées par la disparité des terroirs. Ainsi, chaque région, chaque climat, chaque tradition agricole, chaque sol donne naissance à ses propres farines, ses propres gestes, ses propres formes. Le pain, omniprésent, est bien plus qu’un accompagnement : il structure le repas, fédère les convives, et nourrit symboliquement l’identité locale.
