Le retour des légumes oubliés : enjeux et définitions
L’histoire du terroir français regorge de trésors délaissés, victimes de l’industrialisation et de la course au rendement initiée dès l’après-guerre. Les légumes oubliés – panais, rutabaga, topinambour, crosne, scorsonère, cardon, cerfeuil tubéreux, ou tétragone – refont surface dans les assiettes, les potagers et les marchés, bien loin du folklore ou de l’effet de mode. Leur retour tient à la redécouverte de pratiques agricoles traditionnelles, héritées d’un monde rural qui s’était adapté à la diversité des sols, des climats et des besoins alimentaires.
L’appellation « légumes oubliés » recouvre différentes réalités. Certaines de ces plantes se sont raréfiées jusque dans les années 1970-80, écartées par la sélection variétale industrielle qui a privilégié l’uniformité. D’autres ont survécu à la marge, maintenues par des jardiniers, collectionneurs ou maraîchers conservateurs. Ce patrimoine horticole est aujourd’hui classé par l’INRAE et le réseau des conservatoires végétaux, qui recensent plus de 600 variétés anciennes menacées de disparition en France (INRAE, 2021). Mais cultiver ces légumes implique souvent de préserver, voire de réinventer, des gestes et des techniques qui font vivre la mémoire du terroir.
