Obstacles persistants et marges de progression
Des volumes restreints, une réglementation contraignante
Le marché reste structurellement étroit. La faible reconnaissance du métier d’herboriste — le diplôme a disparu, et la liste des plantes “libérées” demeure limitée (article L. 4211-13 du Code de la Santé Publique) — crée une incertitude réglementaire qui freine parfois les nouveaux venus. Un producteur peut cultiver officiellement environ 148 plantes autorisées, alors que 540 plantes étaient référencées avant 1941 (Sénat, rapport d’information 2007).
Le stockage et le transport doivent obéir à des normes sanitaires strictes (hazard analysis critical control point – HACCP), coûteuses pour ceux n’ayant que de petits volumes. Cet aspect complexe explique la persistance de la vente locale et le faible recours aux circuits logistiques classiques.
La concurrence internationale à l’affût
L’arrivée de plantes séchées d’Europe de l’Est ou du Maghreb, à des prix bien inférieurs et parfois sous label Bio, oblige les producteurs français à miser sur leur différence : identité du terroir, rareté, technicité. Selon une enquête du Centre Technique Interprofessionnel des Fruits et Légumes (CTIFL), le prix de revient d’un kilo de lavande officinale produite dans la Drôme est trois à cinq fois supérieur à celui importé d’Ukraine ou de Bulgarie.
Ce positionnement haut de gamme ne s’adresse qu’à un public averti : les herboristeries artisanales peinent à élargir la clientèle face aux grandes surfaces, même dans le segment “plantes pour infusion”.