Du lait à la meule : savoir-faire et artisanat fermier
Maîtrise de la traite et fermentation naturelle
Dans les fermes alpines, la traite se fait souvent matin et soir, dans des conditions qui doivent éviter tout stress aux animaux afin d’obtenir un lait de qualité optimale. Les fermiers surveillent de près les étapes suivantes :
- Refroidissement rapide : Pour limiter le développement de germes indésirables tout en préservant la flore naturelle recherchée.
- Transformation immédiate : Le lait cru est le plus souvent transformé dans les heures qui suivent la traite pour conserver tout son potentiel vivant.
- Fermentation spontanée ou par ajout de levains naturels prélevés sur la ferme : c’est l’étape qui va orienter toute la complexité du futur fromage ou yaourt.
Des gestes hérités et adaptés
Le lait cru impose une rigueur de chaque instant. La moindre variation (température, qualité de l’eau, hygiène, santé des animaux) peut altérer la qualité d’un lot entier. Les fromagers alpins, habitués à composer avec un environnement changeant, ajustent en permanence leurs gestes : chauffage lent et progressif (pour l’emmental de Savoie, par exemple), moulage manuel, égouttage naturel sur toile de lin, affinage en cave humide.
Certains fromages fermiers du Massif alpin sont même protégés par des cahiers des charges imposant l’utilisation exclusive de lait cru, comme le Beaufort, la Tomme de Savoie, l’Abondance, le Reblochon ou encore le Bleu du Vercors-Sassenage. Plus de quinze fromages AOP/IGP des Alpes françaises exigent un lait cru issu de pâturages identifiés (INAO, 2024).