Un patrimoine fruitier profondément enraciné
La Normandie et ses pommiers : deux univers indissociables, qui composent un paysage aussi emblématique que le bocage ou les toits d’ardoise. Si la pomme normande évoque spontanément le cidre, le calvados ou le pommeau, la richesse du verger régional se mesure aussi à la diversité remarquable de ses variétés, dont certaines nous viennent de plusieurs siècles. Entre haies vives, prairies grasses et terres fraîches, des dizaines de variétés anciennes, pour la plupart méconnues du grand public, continuent d’être cultivées. Elles témoignent d’un savoir-faire paysan résistant aux sirènes de la standardisation.
Dans les années 1950, on recensait plus de 600 variétés locales et anciennes en Normandie (Conservatoire des Fruits Normands). Nombre d’entre elles ont disparu, emportées par les exigences du marché, l’évolution du goût des consommateurs et la mutation des paysages agricoles. Pourtant, une vingtaine de ces pommes, parfois très anciennes, résistent encore, portées par des producteurs, associations et amateurs déterminés à sauvegarder la palette des saveurs normandes.
