Une tradition enracinée : du jardin monastique à la liqueur emblématique
La diffusion de la verveine odorante en Velay ne tient pas qu’au climat : elle s’enracine dans une tradition botaniste et médicinale profonde, héritée notamment des monastères de l’abbaye de La Chaise-Dieu et des hôtels-Dieu du Puy. Les plantes médicinales y sont depuis des siècles une ressource précieuse; la verveine y trouve rapidement sa place, pour des infusions réputées « adoucissantes » et digestives (source : Yves-Marie Allain, L’herbier des monastères, Ed. Plon, 2016).
Mais c’est en 1859 qu’un pharmacien local, Joseph Rumillet-Charretier, va définitivement ancrer la verveine dans la culture vellave : il invente la première liqueur commerciale à base de verveine, la fameuse Verveine du Velay. Suivront d’autres maisons, dont la distillerie Pagès, fondée en 1859 également, qui perpétue jusqu’à aujourd’hui la recette.
- Plus de 1 million de bouteilles de liqueur de verveine du Velay vendues chaque année dans le monde (source : La Montagne, janvier 2023)
- La verveine du Velay représente 80 % de la production française de liqueur de verveine (source : Union des Distillateurs de France, 2022)
Liqueur de verveine : de la feuille à la flamme
La fabrication de la liqueur suit encore une méthode proche de celle du XIXe siècle :
- La cueillette des feuilles, de juin à fin septembre, à parfaite maturité olfactive.
- Le séchage lent dans des greniers ventilés pour préserver les arômes.
- L’infusion des feuilles dans l’alcool neutre, selon des proportions jalousement gardées.
- L’ajout d’autres plantes (angélique, génépi, thym…), spécificité du Velay, qui confère à la liqueur une palette aromatique complexe et unique.
- Le vieillissement en fûts de chêne, souvent plusieurs années, pour obtenir la douceur finale.
Un savoir-faire transmis de génération en génération, reconnu par le label « Entreprise du Patrimoine Vivant » pour la distillerie Pagès.