Aux origines d’un fruit voyageur : du Nil à la Durance
Le melon que l’on fête aujourd’hui à Cavaillon vient de loin — du point de vue géographique autant qu’historique. Les premières traces du melon (Cucumis melo) remontent à la vallée du Nil, près de 5000 ans avant J.-C. Selon l’Institut national de la recherche agronomique (INRAE), il aurait traversé le bassin méditerranéen via la Perse et l’Empire romain, avant d’arriver dans le sud de la France au Moyen Âge.
C’est au XVI siècle que la culture du melon prend racine à Cavaillon : lorsque les papes en Avignon apprécient déjà ce fruit frais sur leur table estivale. Le terroir de la basse vallée de la Durance, bénéficiant d’un ensoleillement exceptionnel, d’une irrigation abondante et de sols limoneux ou caillouteux, offre un terrain idéal pour faire prospérer cette cucurbitacée.
La ville de Cavaillon n’a alors cessé de perfectionner les techniques agricoles et de sélectionner les variétés les plus adaptées au climat local. Au XIX siècle, le “canteloup de Cavaillon” commence à se distinguer de ses cousins charentais ou gersois, jusqu’à devenir, au fil du temps, une véritable “marque” à part entière.
