Des racines millénaires au cœur des campagnes françaises
Dans la houle verte des champs de blé, d’orge ou de seigle, les moulins ponctuent depuis des siècles le paysage agricole français. Leurs ailes, leurs antiques meules ou la mélodie paisible de la roue à aube font partie de notre mémoire collective. Pourtant, leur rôle ne se limite pas à un héritage architectural ou à la beauté bucolique : ils demeurent, pour plusieurs milliers d’exploitations, le premier maillon d’une chaîne de valeur qui relie le terroir à la table.
Au XIII siècle, la France comptait environ 100 000 moulins à eau et à vent (Fédération des Moulins de France). Aujourd’hui, selon l’association France Hydro Electricité, il en resterait à peine 10 000 en activité, dont moins de 1 000 encore dédiés à la mouture artisanale, souvent à très petite échelle. Derrière ce repli se cache un phénomène plus large : la concentration de la filière céréalière autour des grosses minoteries industrielles. Pourtant, loin de disparaître, de nombreux moulins, parfois familiaux depuis des générations, résistent et renouent, ces dernières années, avec une vitalité inattendue.
