L’épopée du pruneau d’Agen : de la Perse au Lot-et-Garonne
Le pruneau d’Agen n’est pas un fruit anodin. Il incarne, à lui seul, la mémoire gustative et agricole du Lot-et-Garonne. Son histoire commence bien avant qu’il n’acquière son nom actuel : il trouve ses origines dans la prune d’Ente, croisée sur les terres lot-et-garonnaises au XIIe siècle après l’arrivée, selon la légende, d’un prunier rapporté de Terre Sainte par des moines de l’abbaye de Clairac. Ces pruniers auraient été ensuite greffés avec la prune locale, la “prune de Damas” (source : Syndicat du Pruneau d'Agen).
L’aventure du séchage commence au Moyen Âge. La technique est d’abord empirique, puis se perfectionne au fil du temps : la chair des prunes d’Ente, sucrée et juteuse, se prête dès lors à la transformation. Le nom “pruneau d’Agen” s’impose dès le XVIIIe siècle, Agen étant le port d’embarquement du fruit vers Bordeaux, puis Paris, le nord de la France et, au-delà, l’Europe du Nord et l’Amérique.
Aujourd’hui, plus de 60 % de la production française restent concentrés dans le Lot-et-Garonne (source : FranceAgriMer). Ces quelques chiffres donnent la mesure de ce que représente le pruneau : 1 000 exploitations, 14 000 hectares de vergers de pruniers d’Ente, 35 000 tonnes produites annuellement. Un règne discret, enraciné.
