Le berceau gascon de la tomate : une histoire de migrations et d’adaptations
Au cœur du Sud-Ouest, sur les rives de la Garonne, Marmande n’a rien d’un simple carrefour agricole. Ici, la terre graveleuse, alluvionnaire, se mêle à la douceur du climat océanique, offrant un écrin à la culture de la tomate depuis plus d’un siècle. Pourtant, la tomate n’est pas native des terres françaises : originaire d’Amérique du Sud, elle n’arrive en Europe qu’au XVI siècle, suspectée d’être toxique et reléguée longtemps au rang de curiosité botanique (Source : INRAE).
C’est seulement à la fin du XIX siècle que la tomate s’implante véritablement à Marmande, portée par les maraîchers qui cherchent une culture adaptée aux crues régulières de la Garonne. La variété emblématique qui va rapidement s’imposer est issue du croisement de lignées locales et italiennes, amenées par des ouvriers piémontais venus pour le creusement du canal latéral à la Garonne (Source : Le Monde, 2020).
- 1863 : Première mention de la culture de la tomate à Marmande dans les archives municipales.
- 1870-1910 : Développement rapide de la production, qui passe de quelques familles à plus d’une centaine de producteurs.
Le terroir de Marmande façonne ainsi une tomate charnue, côtelée, à la peau fine, qui se distingue par sa saveur estivale : la “Marmande”. Cette variété, devenue un nom commun, est aujourd’hui encore reconnue au sein du Registre européen des variétés.
