Quand la France cultivait l’orge et le seigle : une histoire rurale millénaire
Avant que le blé ne devienne la reine des moissons, l’orge et le seigle représentaient, en France, deux piliers incontournables de l’agriculture. Ces deux céréales, modestes en apparence, ont façonné l’alimentation, le paysage et les méthodes de culture, du Moyen Âge aux campagnes d’aujourd’hui. Leur histoire s’entrelace étroitement avec celle de nos terroirs, de leurs adaptations locales aux choix techniques des paysans.
L’orge (Hordeum vulgare) est attestée sur le territoire depuis au moins 5 000 ans (INRAE). Plus résistante que le blé, elle tolère mieux les sols pauvres et les climats rudes. De même, le seigle (Secale cereale) a longtemps été la céréale des régions réputées ingrates : plateaux des Ardennes, montagnes du Massif central, terres acides bretonnes, biefs du Jura. Jusqu’au début du XXe siècle, la part cultivée de seigle était, par endroits, équivalente à celle du blé.
